Analyse par KARINE DANIEL & JIMMY SCREMIN

Soutenir les associations, un enjeu majeur pour les élections municipales

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AUTEUR : KARINE DANIEL & JIMMY SCREMIN

En Pays de la Loire, les récentes coupes budgétaires ont brutalement mis en lumière la fragilité du modèle associatif. Cette situation locale révèle un enjeu national : préserver l’autonomie et l’action de millions de bénévoles et de salariés qui font vivre nos territoires. À l’occasion des municipales, les socialistes proposent de replacer les associations au cœur du projet municipal.

Soutenir les associations, un enjeu majeur pour les élections municipales

Le monde associatif est essentiel à la cohésion sociale et représente une part importante de l’économie. Il pèse 3,5 % du PIB, il emploie 1,9 millions de salariés en France et mobilise 13 millions de bénévoles qui oeuvrent dans 1,5 millions d’associations. Les associations connaissent une situation financière dégradée et sont confrontées à un enjeu fort de renouvellement de leurs forces vives, notamment des cadres bénévoles susceptibles de s’impliquer dans la gestion et la gouvernance à moyen et long terme. Elles ont appelé à une mobilisation très suivie le 11 octobre 2025 sous des banderoles « ça ne tient plus » partout en France.

A l’occasion des élections municipales, la fédération de Parti socialiste de Loire-Atlantique a organisé une table ronde avec des représentants du monde associatif (mouvement associatif régional, fédération Léo Lagrange) et des élus locaux, le 13 décembre 2025. Il en ressort que les socialistes doivent porter une vision globale, volontariste et à long terme du rôle essentiel des associations dans la société, de leurs salariés et bénévoles. L’occasion de mettre en avant des propositions lors des élections municipales pour soutenir et développer la vie associative. Et pour les socialistes de porter une vision positive et d’exprimer de la reconnaissance au mouvement associatif.

Un tissu associatif fragilisé

En Pays de la Loire, la droite incarnée par la Présidente de la région Christelle Morançais  (Horizons) estime que les associations sont « shootées » à la subvention publique et constituent des « monopoles très politisés, vivant d’argent public ». A partir de ce postulat caricatural, elle a supprimé à partir de 2025, sans concertation, du jour au lendemain, des financements à de nombreuses associations culturelles, sportives, au Planning familial, aux Centres d’Information des femmes et des Familles (CIDFF). Elle amplifie un mouvement initié quelques années plus tôt par Laurent Wauquiez, alors Président de la région Auvergne Rhône Alpes, qui avait supprimé des subventions à des théâtres quand leurs directeurs ne faisaient pas allégeance.

Ces coupes budgétaires brutales mettent au cause la pérennité de centaines d’associations, oeuvrant au quotidien pour les citoyennes et les citoyens, et notamment les plus fragiles. Les effets sont immédiats pour les financements des structures, de leurs projets. Ce sont autant d’actions stoppées, de plans sociaux massifs imposés à milliers de salariés se retrouvant au chômage, en reconversion professionnelle subie. Ce sont des bénéficiaires privés d’accompagnement nécéssaire, et ce dans un contexte de désengagement budgétaire de désengagements de l’Etat.

Entre les collectivités et les associations, les socialistes sont attachés à un rapport de respect, de bienveillance et de partenariat qui ne soit ni dans l’abandon ni dans le clientélisme, respectueux des libertés associatives. Nous devons définir des stratégies globales de soutien et de développement de la vie associative et proposer des cadres de coopération concertée, respectueux de l’indépendance des associations.

Renforcer le lien entre collectivités et associations

Les socialistes considèrent les associations comme essentielles pour la défense des valeurs de la république, pour faire vivre les solidarités et le lien social, travailler dans le cadre d’une économie sociale et solidaire, agir pour l’écologie et le développement durable, permettre l’épanouissement personnel à travers le sport, les loisirs, l’éducation populaire et la culture, oeuvrer pour les droits des femmes et lutter contre les discriminations, s’ouvrir au monde avec les échanges internationaux.

Les associations, aux côtés des services publics, agissent au quotidien dans leur diversité et dans tous les domaines de la vie sociale et économique. Elles répondent à de multiples besoins de la population: l’accompagnement social, l’assistance numérique pour l’accès aux services publics, l’envie de s’engager pour la collectivité, le soutien éducatif, la formation aux projets pour les jeunes, la lutte contre la solitude et l’isolement social, l’écologie de proximité, les échanges intergénérationnels.

Les associations au cœur du projet municipal des socialistes

Sur tous les territoires, les socialistes défendent l’idée du partenariat entre l’action publique et les forces associatives, pour reconnaitre l’engagement citoyen et la force du collectif. Les associations, le tiers secteur, créent de nombreux emplois et contribuent à notre économie. Elles innovent, expérimentent, créer de nouvelles solidarités, elle sont « les laboratoires de la République ».

Alors, à l’occasion de ces élections municipales puis dans le cadre de l’élection présidentielle, il sera essentiel que les socialistes oeuvrent à la pleine reconnaissance des associations, que soit noué un pacte d’action avec elles. Les socialistes défendent un projet de société où les citoyennes et citoyens sont acteurs et contributeurs et non consommateurs des associations.

Les associations doivent pouvoir compter sur les élus de la République pour répondre à leurs besoins de fonctionnement concrets et pour disposer des moyens  nécessaires à leurs actions, et ce dans un moment ou le budget de l’Etat pour la vie associative diminue et où les collectivités connaissent de fortes contraintes budgétaires :

Des mesures concrètes à mettre en oeuvre, dans le dialogue avec les associations :

  • Établir des diagnostics locaux de la vie associative, créer des Observatoires de la vie associative favorisant l’aide à la décision des élus.
  • Mettre à disposition des locaux adaptés et des tiers lieux, des moyens logistiques (ordinateurs reconditionnés) et des relais de communication de proximité dans les médias communaux (répertoires/guides des associations). Recenser les besoins de formation des cadres bénévoles et mutualiser les formations à leur attention.
  • Inscrire des financements dans la durée avec par exemple des conventions pluriannuelles qui garantissent une visibilité et financent le fonctionnement. Ne pas favoriser les appels à projets ponctuels qui peuvent se confondre avec de la commande publique et mettent les acteurs associatifs en concurrence. 
  • Favoriser le recrutement de salariés – avec une relance des emplois aidés pour les personnes les plus éloignées de l’emploi, de bénévoles, de services civiques, de volontaires.
  • Développer des initiatives à l’échelle locale pour favoriser la mise en réseau et les échanges inter associatifs, les coopérations et les mutualisations, les groupements d’employeurs, porter des projets collectifs et concertés avec les associations dans une logique de co-construction.
  • Simplifier les démarches administratives en facilitant les dépôts de demande de subvention.

Les socialistes sont d’ardents défenseurs de la vie associative et de ses valeurs. Le dialogue avec les associations doit être un préalable et une condition au coeur de notre démarche  politique, du niveau local au niveau national, et européen (avec la création du statut d’association européenne).

Notre projet doit aussi s’enrichir des travaux des représentants de la vie associative. Plusieurs initiatives récentes constituent à cet égard des points d’appui précieux : le Pacte du pouvoir de vivre, porté par de grands réseaux associatifs, mutuelles et syndicats, qui a formalisé, dans un livret intitulé Pouvoirs de ville, des propositions pour la vie associative à l’occasion des élections municipales (pactedupouvoirdevivre.fr) ; les 12 propositions du Mouvement associatif (www.lemouvementassociatif.org) ; ainsi que la plateforme de la fédération Léo Lagrange avec 60 propositions pour des territoires éducatifs à l’occasion des élections (leolagrange-municipales2026.fr).

Faire vivre l’esprit de la loi de 1901

Le 1er juillet 2026, nous fêterons les 125 ans de la loi fondatrice, sur les associations (Loi de 1901 relative au contrat d’association). A cette occasion, nous devons célébrer et marquer l’événement au niveau national et avec tout le monde associatif lors de mobilisations exemplaires et festives ! Nous devons la faire vivre au bénéfice de toutes et tous et sur tous les territoires. C’est un bien commun précieux, un pilier de notre République, un atout majeur pour une société solidaire. Les socialistes seront toujours aux côtés des élus, des salariés, des bénévoles des associations, pour faire vivre la solidarité, la démocratie citoyenne, la République.

Karine DANIEL, sénatrice de Loire-Atlantique, Présidente de la Fédération nationale des Maisons de l’Europe, Présidente de Territoires Générations Solidaires. 

Jimmy SCREMIN, co-Secrétaire fédéral à la vie associative et aux sports, Fédération du Parti Socialiste de Loire-Atlantique.