Interview avec KARIM ZIADY

Karim Ziady : « L’héritage des Jeux Olympiques de Paris 2024 »

- TEMPS DE LECTURE : 4
AUTEUR : ISABELLE GRATIEN-EBOUé, MILITANTE SOCIALISTE DU 16èME ARRONDISSEMENT DE PARIS
Karim Ziady : « L’héritage des Jeux Olympiques de Paris 2024 »

Conseiller de Paris délégué au sport de proximité, Karim Ziady revient sur l’héritage des Jeux Olympiques de Paris 2024. Équipements rénovés, sport féminin, parasport, justice sociale et transition écologique : il analyse les effets concrets des Jeux pour les clubs, les associations et les habitantes et habitants.

Bonjour Karim, peux-tu te présenter ?

Bonjour, merci beaucoup pour l’invitation. Je m’appelle Karim Ziady, j’ai 36 ans et je suis conseiller de Paris délégué au sport de proximité. Je m’occupe des équipements sportifs municipaux : stades, gymnases, piscines, ainsi que des questions de travaux, de créneaux sportifs et des compétitions amateurs à Paris.

Quel bilan tires-tu de l’héritage des Jeux Olympiques de Paris 2024 ?

L’axe principal de la candidature parisienne était l’héritage. L’objectif était d’éviter le scénario d’Athènes : des Jeux coûteux et des infrastructures non réutilisées.

Les Jeux ont permis d’investir massivement dans les équipements de proximité, à Paris, en Seine-Saint-Denis et dans d’autres territoires. Des financements ont été débloqués pour créer ou rénover des terrains de sport dans des quartiers qui en manquaient. Je pense que l’héritage sera globalement positif, même si tout n’est pas parfait.

Quels sont les effets les plus visibles pour les clubs, les associations et les usagers ?

Il y a d’abord la question des équipements : rénovations lourdes, créations d’infrastructures et mobilisation de financements publics et privés.

Il y a aussi une prise de conscience sur le para-sport et le sport santé. Les Jeux ont permis de mieux faire connaître les disciplines paralympiques et de mettre en lumière les enjeux liés à la sédentarité. Le lien entre sport et santé doit désormais devenir une priorité durable.

Les rénovations ont-elles réellement bénéficié aux clubs et associations ?

Oui. Il s’agit de rénovations importantes, souvent à plusieurs millions d’euros. Un gymnase ou une piscine représente un investissement lourd mais essentiel.

Les Jeux ont permis de moderniser et de créer des équipements qui profitent aujourd’hui directement aux clubs amateurs et aux habitants.

Quelles avancées pour le sport féminin et le para-sport ?

On observe une prise de conscience réelle, mais nous restons en retard par rapport à certains pays européens.

Les équipements sont encore majoritairement occupés par des hommes. Il faut rééquilibrer l’accès, soutenir davantage le sport professionnel féminin et lutter contre la précarité des sportives de haut niveau. Les Jeux ont rendu ces inégalités plus visibles, ce qui constitue une première étape.

Comment maintenir l’élan citoyen après Paris 2024 ?

L’engouement a été immense, ce qui crée aussi des frustrations : la demande dépasse l’offre.

Il faut créer davantage d’équipements, mieux organiser les créneaux et renforcer les dispositifs existants pour les familles, les jeunes et les seniors. Le sport doit redevenir une priorité politique durable.

Quel héritage écologique peut-on retenir ?

Les Jeux ont encouragé l’usage de matériaux biosourcés, la réutilisation des équipements et une approche plus responsable de la construction. Le village olympique a été reconverti en logements. Les équipements temporaires ont été redistribués. La baignade dans la Seine, longtemps jugée impossible, est devenue réalité, illustrant une transformation concrète de la ville.

Quelle condition pour que l’héritage soit durable ?

Le sport doit être pensé comme une politique publique transversale : jeunesse, santé, éducation, cohésion sociale. Il ne doit pas être uniquement tourné vers le haut niveau. Le sport doit rester un plaisir, accessible à toutes et tous, et contribuer à la justice sociale.

Un dernier mot ?

Le sport est un levier d’émancipation et de cohésion. L’enjeu est désormais de consolider cet héritage et de donner durablement les moyens aux associations et aux collectivités d’agir.